Un russe en Ukraine
Le blog d'Artem SAVART

Dans le noir, enfin

Et voilà, nous aussi à Odessa faisons maintenant partie de ceux qui sont privés de ce bien si habituel de nos jours, qui est l’électricité.

Tout de suite l’obscurité. Les choses qui se prétendaient être obligatoires, nécessaires, ne le sont plus. On est vite retourné vers soi-même, sans l’avoir demandé, sans le vouloir. Que faire ? Je n’avais même plus de stylo. Tout était tellement sur ordinateur, que je n’ai même pas remarqué l’absence de cette chose simple et si précieuse quand on se retrouve seul dans le noir, avec les bougies. Ça fait bizarre.

On se presse à faire certaines choses à temps, on se dit, qu’il faut se dépêcher avec ça et ça et d’un coup, on s’aperçoit à quel point ce n’était que de la poussière.

Je pense à Kherson, qu’on vient de libérer de mes si gentils compatriotes. Ils ont vécu ça depuis le début de cette guerre. Qu’est ce qu’ils doivent être forts, eux, qui n’avaient ni d’électricité, ni de réseau. Moi qui suivais le actualité tous les jours, je ne savais même pas s’ils avaient de quoi boire et manger. On ne se préoccupe pas assez. On s’en fout en fait. On ne pense qu’à soi-même. Je pense aussi à Mykolaïv, qui protège Odessa depuis le début de cette guerre. Et pas seulement Odessa. On aidait bien sûr, mais ce n’était pas la priorité. On vivait sa vie d’abord.

La ville de Mykolaïv

Et maintenant que j’ai cette chance d’être déconnecté de tout ce bruit, je me pose des questions. Genre, pourquoi on laisse durer tout ça ? Pourquoi est-il si difficile et si long à envoyer des armes nécessaires aux soldats ukrainiens ? Est-il si précieux le confort pour acheter quoi que ce soit à celui qui apporte des choses pareilles dans ce monde ? La réponse est simple : on vit sa vit d’abord.

On se paie la paix en aidant, mais on ne s’aperçoit pas que ce n’est que dalle. Des missiles en Pologne ont bien montré que la guerre ne se contente jamais et cherche à se répandre. Et toute cette guerre a bien montré que pendant des années Poutine faisait marchait tout le monde avec ses menaces. On peut bien attendre qu’il disparaît tout seul, avec le temps. Mais à quoi bon ? Et à quel prix ?

Il n’y aurait pas de missiles en Pologne, s’il n’y avait pas cette guerre.

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