Un russe en Ukraine
Le blog d'Artem SAVART

Petite lettre d’Odessa

D'habitude je ne sonorise et ne publie même pas mes lettres d'information, mais celle-là, elle marque une étape, et je ne veux pas la perdre.

Bonjour à toutes et à tous.

J’espère que vous allez bien. Moi j’ai bien passé une petite période de déprime quand-même. Entre les coupures auxquels on a été obligé de se réhabituer, les bombardements qui n’arrêtent pas, les sources de revenus qui ne sont pas encore créés et ma mère qui est restée toute seule en Russie avec ma petite sœur de 3 ans sur les bras, entre tout ça j’ai failli me perdre, je l’avoue.

J’ai quand-même pu avancer pendant cette semaine, mais on en reparlera plus tard. Sinon je vais me plaindre beaucoup, je préfère éviter. Si tout se passe bien, le deuxième kiosque va être ouvert avant la fin du mois. Pour le premier j’ai négocié la baisse du loyer et on va le garder pour l’instant comme ça, fermé. C’est moins cher que tout démonter et il y a un espoir qu’on pourra quand-même le réanimer prochainement.

J’ai une bonne nouvelle. J’ai trouvé le fameux financement du projet, de la partie médiatique, dont je rêve toujours. Le financement de nos missions humanitaires aussi. Le financement de mes futurs projets humanitaires qui me coûterons des fortunes, mais je veux absolument les réaliser de mon vivant.

Je parle de moi. De mes capacités, de mon expérience, de mes contacts et surtout des projets business que j’élaborais depuis des années, depuis que j’ai quitté la Russie. Je ne les ai jamais lancés, même si j’y ai consacré du temps, parce qu’à chaque fois je me rendais compte, que je ne pourrai pas m’en occuper tout seul. J’avais aussi la confiance en moi un peu cassé, donc je me contentais de ce qui rapportait de suite : le travail de développeur pour un/deux clients à long terme.

Et mes projets, à moitié développés, je les mettais toujours de côté, dans ma boîte magique qui s’appele «plus tard».

Et bien le plus tard est arrivé. Comme toujours dans mon cas, grâce à des femmes. Grâce à ma mère et ma petite sœur qui vont galérer à en sortir toutes seules. En sortir de leur nouvelle situation et de ce pays, qui va les manger, si je ne les sort pas bientôt. Et grâce à une femme que je connais depuis déjà quelques mois, une russe, qui habite aussi Odessa depuis 5 ans. Je vous la présenterai bientôt, elle s’appelle Julia.

Et c’est ma nouvelle partenaire de business.

Elle avait déjà essayé de joindre le côté médiatique du Kiosque, elle a déjà fait quelques vidéos de son émission qu’on va lancer dès qu’on a les moyens pour ça. Et il y a quelques jours on s’est vu, on échangeait sur l’argent, les projets et tout ça, et on a tout les deux eu ce déclic. Parce que non seulement on a les valeurs qui correspondent, les situations qui se ressemble et puis on est déjà devenu des bons amis, on se fait confiance, mais aussi et surtout, on fera bonne équipe, parce que nous nous complétons.

Et ce qui m’a faire fondre : elle rêve aussi d’ouvrir un refuge pour animaux, quand elle en aura les moyens. Et moi j’ai un projet des refuges pour animaux qui l’a fait fondre à son tour. Autonomes, qui existeront pendant des siècles. On en reparlera au moment voulu.

Bref, on a assez vite révisé tous mes projets semi-faits, on a élaboré la stratégie, et on s’est mis au travail. Ce sera notre petite empire médiatique et numérique. Plusieurs branches, qui poussent du même arbre, tous ces projets seront liés et s’entraideront.

Je ne vais pas rentrer dans les détails de suite, ça n’a aucun sens. Mais je peux déjà vous annoncer que la première chose qu’on va faire c’est lancer une agence de développement de sites web. C’est ce qui peut nous rapporter des revenu là maintenant. Moi je ferai le code, elle vendra et s’occupera des clients, et très vite je pense on va embaucher les gens pour ces deux activités et avancer dans d’autres branches prévues.

On commence par cela, car non seulement c’est ce que je fais depuis mes 17 ans et j’ai donc l’expertise et le savoir-faire, mais parce que j’ai aussi des morceaux de code que j’ai créés avant, qui permettent de lancer un site assez complexe du genre communauté, média, site d’avis et toutes sortes de portails, donc le développement se fait en très peu de temps, ce qui nous laisse une marge assez importante et permet en même temps de faire des prix intéressants pour les clients. Ils ne trouveront pas moins cher si vite fait et de cette qualité. Développer une communauté à partir du zéro peut prendre plusieurs mois, voir un an ou même plus. Nous, on peut le faire en deux semaines, et encore, avec le temps on pourra augmenter la vitesse.

Je finis notre site où seront présentés nos services et je vous envoi le lien, car si jamais vous nous ramener des clients pour le développement, vous aurez une commission de 10%. Ce qui peut faire des montants assez importants, donc pourquoi pas vous remercier de cette façon. Il y a des gens qui gagnent leur vies avec des commissions comme ça.

Et encore une chose.

Je ne vais pas bien sûr abandonner mes podcasts, ni le projet Kiosque, ni nos missions humanitaires actuelles qu’on essaie de continuer malgré tout. Je vais vous en parler, vous montrer ce qui se passe ici, ce que nous faisons. C’est devenu une partie importante de ma vie, mon grand plaisir qui réchauffe toujours le cœur, et pas que le mien.

Mais je ne vais plus jamais vous demander des dons.

Il y aura toujours les liens pour participer en bas de mes lettres et sur mon blog, vous pourrez toujours participer, si le coeur vous en dit. Et c’est vrai que les problèmes, y en a toujours. Même si on a réussi pas mal de missions ensembles, ce ne sera jamais assez, vous le savez très bien. Même quand la guerre sera terminé (et elle le sera, il n’y a pas de doute), on ne vas pas abandonner cette nouvelle partie de notre vie, on va même fonder une vraie association, mais qui ne vivra pas elle-même des dons, comme font beaucoup d’autres. Aucun employé ne sera payé des dons reçu des gens.

Mais voilà. Demander de l’aide, ni pour moi, ni pour les autres, je n’en peux plus. J’ai honte. Je me trahis un peu, car ce n’est pas ma vraie nature. Vous remercier, par contre, pour tout ce que vous avez déjà fait, je veux bien. Je n’arrêterai jamais de le faire. Ça ne s’oublie pas.

Vous êtes des personnes merveilleuses, avec un grand cœur, qui rendent ce monde meilleur.

Merci d’avoir lu ou écouté cette lettre.

Bien à vous,
Artem.

P. S. Je vais bientôt écrire la prochaine chronique pour RTBF, la dernière de cette série dans le Fin Mot, si j’ai bien compris, après c’est les vacances d’été. Et je pense que je ne pourrai pas vous écrire avant la diffusion, qui aura lieu, normalement, le 21 juin, donc sauf changement, prochain rendez-vous à la radio.

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