Un russe en Ukraine
Le blog d'Artem SAVART

LeKiosque : prologue

Qu’est que je me sens vivant et inspiré depuis que j’ai pris cette décision, dont je vous ai parlé dans ma dernière lettre. Je bosse jusqu’à 2 heures du matin et je me lève à 6h-7h facilement avec les yeux qui brillent, plein d’énergie. Je n’ai jamais eu ça de ma vie. Et je ne […]

Qu’est que je me sens vivant et inspiré depuis que j’ai pris cette décision, dont je vous ai parlé dans ma dernière lettre. Je bosse jusqu’à 2 heures du matin et je me lève à 6h-7h facilement avec les yeux qui brillent, plein d’énergie. Je n’ai jamais eu ça de ma vie. Et je ne doute pas une seconde des merveilleux fruits que ça va apporter à moi, à mes amis, à vous, au peuple ukrainien et au peuples d’ailleurs. Ça va rendre ce monde encore plus beau.

Malgré l’excitation permanente, je me sens très calme, comme un ruisseau de source, qui sait très bien où il va. Tout le monde peux profiter de ce ruisseau pour se désaltérer, autant qu’ils veulent, et ça ne le dérange pas du tout, ça ne lui fait aucun mal, au contraire : ça lui fait plaisir. Tout propre, il passe facilement à travers les obstacles pour rejoindre finalement son but, pour devenir une rivière ou pour remplir une mer, rejoindre l’océan. Il sait, que c’est plus ou moins son destin, il n’est pas inquiet, et il y va, à fond, et naturellement.

Tout a commencé il y a quelques jours, quand on m’a offert un kiosque à croissants. Il ne marchait presque plus, il ne faut pas rêver, il y a des investissements à faire et beaucoup de boulot, beaucoup de changements à instaurer. Et je ne vais pas devenir boulanger non plus. Mais j’ai accepté. Je l’ai fait, parce que derrière ce kiosque il y a toute une histoire. Et parce que j’ai compris, j’ai eu un déclic, que ce kiosque me permettra de réunir autour tout ce que j’aime et tout ce que j’ai vraiment envie de faire, comme je le sens, comme je le vois, comme il le faut pour être totalement en accord avec moi-même. Pour être totalement en accord avec ce monde. Et vu à quel point je suis transpercé d’énergie, de compréhension, de vision et de certitude, je n’arrête pas de remercier ce monde de m’avoir permit vivre jusqu’à cet instant-là, quand tout devient évident.

Je vous rencontrerai un jour en détails notre rencontre avec David au tout début de la guerre, une rencontre symbolique pour les deux, et pour beaucoup de gens qu’on a pu aider, et qu’on pourra aider encore plus avec ce que je vais faire. Je vous dis juste, pour l’instant, que c’était dans son ancienne boulangerie au marché en plein centre d’Odessa, où il distribuait gratuitement ses croissants et son café. On a très vite senti une amitié qui se créait, on a traversé pas mal d’épreuves ensemble, et on a fait des choses, aussi, et on rigole, on n’arrête pas. L’humour noir surtout, j’adore. Et puis on aime la vie, on est tous les deux fous amoureux de la vie et des gens.

Ce que je vais faire, on voulais le faire tout les deux il y a un an. Et ce kiosque à croissants, qui faisait parti de nos projets, on l’avait commencé tout les deux, mais je me suis vite retiré, car je traversais quelques drames personnelles, et je me suis réfugié dans la programmation pour un moment, pour me sauver, pour être seul, pour se redresser financièrement aussi car c’était un peu dur. Lui, il a suivi son autre passion, les chaussures : je vous en parlerai également prochainement, c’est quelque chose qui va changer le monde des chaussures, j’en suis convaincu.

Et moi depuis cette année, je n’arrête pas de repenser à ce qu’on voulait faire tous les deux. Surtout grâce à mes podcasts dans le Fin Mot à RTBF. Ce n’est pas énorme ces 23 minutes chaque mois, mais ils m’ont permit de me redécouvrir. C’est un extrait, en fait, qui coule tout seul dans vos oreilles et dans mes oreilles, car je re-écoute de temps en temps moi aussi. C’est un extrait de toutes les soi-disant coïncidences qui m’ont amené jusqu’à vous, jusqu’à la radio et en plus dans une langue que j’adore, que j’ai adapté, ou qui m’a adapté plutôt. Pour moi ces podcasts, c’est un pure plaisir. Je ne sais jamais, par où je vais commencer, je m’étonne moi-même des conclusions qui se font. Et j’ai hâte à chaque de les écouter moi-même, car avec le montage de Françoise, les musiques qu’on choisit ensemble, les commentaires d’Eddy, ils sont complet. C’est une magie. Je me sens comme si j’étais juste un émetteur qui ne fait que passer le message. Destiné aussi pour moi-même, car je me comprends tellement mieux, une fois le podcast est diffusé.

J’ai compris, finalement, que je veux consacrer toute ma vie aux gens, ou plutôt à leurs âmes. J’adore les découvrir. J’adore les faire découvrir aux autres. J’adore les présenter les uns aux autres. Et tant mieux, si j’ai un peu d’expérience dans les langues, dans l’écriture, si j’ai une voix qui arrive à être entendu (je ne sais pas pourquoi et comment, mais j’ai les preuves, grâce à RTBF et grâce à vous). Et tant mieux, si je sais programmer, si j’ai de l’expérience dans la publicité et j’ai pas mal d’expérience dans le business. Car pour bien servir ma mission, je vais créer un média.

Au début, il sera en deux langues, française et ukrainienne. Les textes, le son, les vidéos, tous les formats pour mieux faire découvrir les gens et leurs histoires. Les gens d’Odessa bien sûr au début, car j’y suis, et j’y reste et j’ai énormément de personnes à vous faire découvrir, des gens merveilleux dont beaucoup sont devenus amis. Et puis des endroits, des business qui tournent, qui s’ouvrent malgré la guerre. On ne va pas en parler beaucoup, d’ailleurs, de celle-là, ce n’est qu’une petite partie de notre routine quotidienne. Mais le reste, la vrai vie, ça mérite d’être raconté. Ça mérite d’être lu, admiré, savouré. Je ne sais pas comment je vais y arriver exactement, et je m’en fous franchement, car je vois le résultat devant mes yeux, comme si c’était déjà fait, et je sais, que le chemin ne sera qu’une véritable joie, peu importe les obstacles.

Pourquoi LeKiosque ? Parce que c’est un mot français et parce qu’il y en a un, lié à toute cette histoire, qui continue malgré tout à distribuer les croissants. La simplicité, toujours. Parce qu’on va se réunir souvent autour de ce kiosque pour des évènements, on rentre en pleine période d’été et on ne vas pas se gêner. C’est beau, la vie à Odessa, et il faut en profiter, il faut la bouffer. Et il faut vous la montrer, car vous mériter d’en savoir plus. Vous mériter de pouvoir en profiter malgré la distance. LeKiosque, car c’est également ce kiosque à croissants qui va m’aider à financer le média.

Au kiosque, il n’y a pas de prix, j’ai restauré le système des dons, les gens peuvent laisser ce qu’il pensent correct ou ne rien laisser du tout, s’il ne peuvent ou ne veulent pas. Ce qui est le plus important au kiosque, au moment du passage des croissants à travers la fenêtre, c’est la conversation, c’est les gens qui viennent, qui questionnent, qui racontent surtout leurs histoires. Quand il n’y a pas d’argent dans l’histoire, quand il n’y a pas de centimes entre les gens, ils s’ouvrent. Et puis l’argent au kiosque, on s’en fout un peu, car pour en générer suffisamment, je vais instaurer un système de livraison de ces merveilleux croissants belges et français dans toute la ville. Des amateurs, il y en a. Des croissants comme ça, il n’y en a presque pas, donc ça va le faire assez rapidement, il suffit de se faire connaître et j’ai déjà élaboré ma petite stratégie.

Mais ce qui compte pour moi le plus, c’est que je pourrai tout vous montrer depuis le début. Les croissants, les livraisons, la création d’un média, surtout. Ça m’excite, que vous voyez comment les choses évoluent. Les gens autour, les gens dedans, les gens d’ailleurs. Les endroits, la ville, la guerre quand elle nous force de s’en souvenir. Tout. De A à Z.

Ce sera une sorte de télé-réalité. Je n’ai pas de chaînes télé encore à mes côtés, mais j’ai mon vieux téléphone et mes amis et les trucs que je fais. Un peu d’expérience dans le montage des vidéos aussi (mon traumatisme d’enfance en vérité : on ne me permettait pas de jouer aux jeux vidéos devant l’ordi pour éviter les virus, ils étaient chers les ordis à l’époque, du coup j’ai appris à monter les vidéos dans Adobe Première à l’âge de 10 ans). On va aussi filmer nos missions humanitaires, car on en fait toujours et on rigole toujours beaucoup en conduisant la camionnette.

On s’amusera, je le sens. Et puis, vous aurez cette petite sensation d’être un peu sur place, sans passer la frontière et sans se mettre vous-même dans cette guerre. N’est-ce pas merveilleux ? J’essai déjà de ne pas oublier de me filmer de temps en temps. Je sais, que je vais filmer encore plus dans les jours qui viennent et pendant tout l’été. Je réfléchis encore sur le format, la durée et tout ça, mais j’aimerai bien sortir la première vidéo de la série au moins dans deux semaines. Et continuer d’en sortir 2 fois par mois. C’est assez fréquent pour rester connecté, et en même temps cela ne prendra pas énormément de temps. Une série, c’est bien, mais c’est du vrai, et j’ai des objectifs concrets, donc il faut travailler beaucoup, du matin au soir, pour les atteindre au plus vite.

Ce qui me motive largement à ne pas freiner, c’est que je n’aurai plus d’argent qui rentrent de mon ancienne activité de programmeur à partir du premier mai, car j’ai tout arrêté pour me consacrer totalement à cette grande mission.

Je suis donc le premier intéressé à ce que les croissants fassent suffisamment de bénéfices pour couvrir déjà mes frais à moi et les frais du kiosque le plus rapidement possible. Et à ce que très vite ça puisse me permettre de lancer le média. Les journalistes, les reporteurs, les chroniqueurs, les monteurs, les dessinateurs : je ne connais pas encore la liste complète de spécialistes dont j’aurai besoin, mais je sais qu’il faudra les payer et je vais le faire régulièrement, et correctement. Avec un grand plaisir en plus.

Donc, les croissants, ils ont intérêt à se vendre à grande échelle.

Bien sûr, comme je ne suis qu’au tout début de cette affaire, je ne peux pas refuser votre aide. Déjà, ça m’encouragera beaucoup, et puis ça m’aidera énormément dans les 2-3 semaines qui viennent à ne pas perdre de temps. Je suis prêt à évoluer en fonction de l’argent qui rentre grâce aux croissants, réinvestir, etc. Mais j’aimerai tellement que ça aille le plus vite possible et il y a quand-même des choses à corriger, il y a quand-même de l’argent à investir. Je ne voudrais pas freiner à cause de manque de fonds, et je ne veux pas prêter de l’argent non plus car c’est une mauvaise énergie, surtout en temps de guerre. Allez convaincre quelqu’un que vous aller rembourser. Surtout quand vous leur parlez des croissants et d’un média en même temps, il vous dira que vous êtes fous. Vous, au moins, vous savez que je le suis, mais vous me faîtes confiance et vous savez, qu’on a déjà réussi pas mal de belles choses ensemble.

J’ai déjà établi quelques règles au kiosque, qui sont suivi et commencent à donner le résultat prévu. J’en établirai d’autres pour le kiosque, pour la livraison et pour le média bien sûr.

Je vous en parlerai en détails chaque jeudi dans ma lettre d’information. Je vous parlerai aussi des chiffres, des problèmes et des réussites. C’est aussi une règle que j’établis et que je vais respecter pour vous remercier de votre aide. Et ça m’aidera aussi à mieux me comprendre, à faire des points avec moi-même, car j’aime bien écrire.

Je vous invite donc à participer avec moi à cette affaire de toute ma vie, que je vais partager avec vous sous tout les formats possibles : textes, rapports, vidéos et bien sûr, podcasts.

Rendez-vous ce jeudi, 25 avril, dans ma lettre d’information. J’ai déjà pas mal de choses concrètes à vous montrer.

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